Rendez-vous : les femmes italiennes à la rencontre de Renault… et vice versa

Et si Women@Renault était un modèle pour les entreprises italiennes ? La réponse ne fait pas l’ombre d’un doute à en croire l’Association DIRE qui regroupe des femmes italiennes travaillant en France et bien décidées à aider à faire changer les mentalités dans leur pays d’origine. Souhaitant mieux connaître la politique diversité du Groupe, elles se sont invitées le 28 avril 2011 au Siège de Renault tout en proposant aux membres du réseau Women@Renault de mieux connaître la situation des femmes en Italie lors d’un Think Tank original.
Women@Renault suscite un intérêt croissant désormais au-delà des murs de l’entreprise. En témoigne, la rencontre organisée le 28 avril 2011 au Siège de Boulogne par l’Association DIRE (Donne Italiane Rete Estera – Femmes Italiennes Réseau international – www.di-re.org). Créée en 2005, cette association est un réseau de femmes italiennes qui exercent une activité professionnelle à Paris et à l’étranger (managers de multinationales, fonctionnaires dans des organisations internationales, professionnelles dans des institutions de recherche, ou exerçant en professions libérales…). A travers des rencontres et des forums de discussion, DIRE se propose de promouvoir des actions et initiatives en faveur des femmes, dans l’idée qu’elles pourront contribuer à améliorer la situation des femmes de l’autre côté des Alpes. D’où l’idée de Laura Montrucchio, Responsable Fiscalité Internationale chez Renault et adhérente de DIRE, de proposer aux autres membres de l’association de connaître les objectifs et les premières réalisations du plan Women@Renault. Cela grâce à l’intervention le 28 avril de Claire Martin, directeur responsabilité sociale et environnementale, et Sophie Macquet, pilote diversité.
Une situation qui se détériore
Mais cette rencontre à laquelle ont été conviés les membres du réseau Women@Renault a été aussi l’occasion de découvrir la réalité que vivent les femmes en Italie à travers le regard distancié que portent les adhérentes de DIRE grâce à leur statut d’expatriées et leur expérience internationale. Et à en croire, Laura Montrucchio, il ne fait pas bon être aujourd’hui une femme italienne. « De nombreuses intellectuelles s’alarment d’une situation qui est devenue critique ces dernières années, l’image des femmes étant moins en moins valorisante, explique-t-elle. Et beaucoup craignent une influence de cette évolution au sein des entreprises qui ne sont pas incitées à faire avancer la condition des femmes ». Elles risquent de l’être d’autant moins qu’une loi qui visait à instaurer des quotas dans les entreprises a été retoquée par les députés car des sanctions étaient prévues…
Le souvenir des années 80
Ceux qui croient qu’il en a toujours été ainsi dans le plus latin des pays du Sud de l’Europe se trompent. « La situation des femmes a beaucoup progressé à partir des années 70, poursuit Laura. Elles ont été nombreuses à travailler et faire des études supérieures. Et dans les années 80 et 90, elles se sont énormément investies dans la vie professionnelle en occupant des postes d’hommes même si, comme en France, le phénomène du plafond de verre les empêchait d’accéder à des postes de dirigeants. Mais depuis, on observe une véritable régression. » DIRE souhaite agir à son échelle en s’inspirant d’entreprises particulièrement impliquées dans la reconnaissance des talents féminins à l’instar de…. Renault.
Témoignage
Francesca Gamboni, Directrice de la Logistique Monde du groupe Renault, responsable d’un service qui compte 2 800 personnes dans le monde . Francesca a fait ses études d’ingénierie des systèmes de production à l’Ecole Polytechnique de Milan (seulement 5 femmes sur 500 élèves !!).
Francesca a donné son témoignages du Plan promotion chez Renault, en sa qualité de femme italienne, dans un secteur traditionnellement à prédominance masculine .
En tant que femme dans un secteur très « masculin » j’ai eu des expériences assez amusantes surtout lors de mon arrivé dans des postes qui n’avaient jamais été occupés par une femme. Je me souviens lors d’une première réunion dans ce nouveau job que le patron du service s’adressait à moi d’une façon différente de celle destinée à mes collègues hommes, parlant plus lentement et avec plus de détails…. Je l’ai tout de suite rassuré : « je comprenais parfaitement ce dont il parlait ! »
Les présentations se sont conclues par une intervention très intéressante du Directeur Marketing et Communication du Groupe Renault, Steve Norman, sur les préférences féminines en matière d’automobile en Europe.
A la suite des interventions, le débat a été très animé. Aux questions sur la situation des femmes en Italie, Laura Montrucchio et d’autres membres de DIRE n’ont pas caché leur amertume : rien n’est fait pour aider les femmes dans un pays où la gestion de la famille reste d’abord comme l’affaire des femmes. « Les listes d’attente dans les crèches publiques sont très longues, il n’existe aucune aide financière pour les crèches privées ni, comme en France, de listes de nounous dans les mairies. Les entreprises regardent en outre d’un mauvais œil les femmes qui demandent un temps partiel pour s’occuper de leur famille. Et à un moment ou un autre, les femmes qui veulent progresser doivent choisir entre carrière et vie familiale ».
A titre d’information, Renault Italie, où le plan Women@Renault n’a pas encore été déployé, ne compte que 59 femmes soit 20% de l’effectif total. Et 18% d’entre elles sont cadres, une seule étant cadre dirigeante.
Le débat a continué autour du cocktail offert par Renault.





One Comment
Complimenti al DIRE per quest’evento riuscitissimo!